Le Retour des Vainqueurs.
 
C'est jeudi dernier que nos braves ont fait leur entrée solennelle dans notre ville, après s’être couverts de gloire au cours de la campagne de Tunisie contre les armées de l’Axe.
Les troupes sont rangées dans un ordre impeccable sur la place de la Gare. Les Honneurs sont rendus par les étendards et des détachements des troupes stationnées à Tlemcen. À dix heures précises, le Colonel Paris, Commandant la Subdivision arrive, accompagné de MM Calligné Sous-préfet, et Valleur, Maire. Le Colonel Caldairou présente les troupes à ces autorités qui les passent en revue, pendant que la musique exécute la Marche Lorraine. C’est alors le défilé pour rentrer en ville, sous les acclamations de la foule, où une magnifique gerbe tricolore est déposée. Après la minute de silence, le colonel Caldairou procède à l’appel des morts, ces héros qui ont donné leur vie pour conserver au pays sa liberté. Quelques sanglots fusent à l'appel d'un nom chéri...
Le défilé reprend pour gagner le boulevard Weygand où des emplacements sont réservés aux Autorités Civiles et Militaires de la ville et aux familles des militaires décorés. Sur tout le parcours,a les troupes de la garnison et les scouts forment une haie d' honneur, tous les immeubles sont pavoisés, les balcons noirs de monde. Une foule énorme est là,... massée pour ne rien perdre de la prise d'armes qui a lieu. Sous les applaudissements de la foule le Colonel Caldairou procède à une importante remise de décorations aux braves qui, par leur courage et leur abnégation, viennent d'ajouter une nouvelle page au Livre d'Or de l'Armée d'Afrique. C'est enfin le défilé final et les acclamations redoublent. Tlemcen manifeste son patriotisme et sa reconnaissance envers les vaillants défenseurs de l'Empire.
 
Une grande déception avait atteint le Régiment, jugé trop "indigène" pour la technique d'une formation blindée : il ne devait pas participer en unité constituée, au débarquement en France, préparé avec minutie et attendu avec impatience et enthousiasme.
Nous formions une solide équipe de lieutenants ardents et si désireuse d'en découdre avec l'allemand, qu'elle avait pris pour slogan :
" Nous ne rentrerons pas en France la valise à la main ! " C'est pourquoi René de la Tousche, Karrière , Andrieu, Gieise et moi, pour ne citer que les lieutenants de bataillon, nous portions-nous systématiquement volontaires sur tous les "états" demandés à l'époque, à condition qu'il s'agisse du Corps Expéditionnaire.
Ma Compagnie bivouaquait dans un village des environs de Tlemcen. Nos tirailleurs qui avaient fait leurs preuves en Tunisie, étaient aguerris; l'unité parfaitement soudée, nous les aurions menés au bout du monde, mais nous nous ennuyions ferme, l'instruction ne "prenait" plus, sauf quelques marches et tirs, et nous nous rongions les poings en tuant le temps au poker, au 7 1/2, en organisant des courses de mulets, souvent attelés aux petites voitures de mitrailleuses à roues caoutchoutées, "piquées" aux Italiens en Tunisie.
C'est avec cet équipage que, deux ou trois fois par semaine, à tour de rôle, nous rejoignions nos femmes restées à Tlemcen, essayant de leur apporter quelque ravitaillement des fermes, pour compléter des paniers mal garnis en ville, sinon au troc (une chemise contre un pigeon bien maigre).
C'est ainsi que j'arrivais un soir, le 19 ou 20 Mars 1944 je crois, villa Gonzalez, rue Claverie, pour apprendre à Maÿlis que tous les officiers de la garnison étaient convoqués au Cercle pour une conférence. Nous en ignorions le sujet.
 
Extrait de l'ordre Général n°125 du Général Commandant les Forces Terrestres en Afrique du Nord, en date du 2 juin 1944
 


Le Général d'Armée JUIN, Commandant les forces Terrestres en Afrique du Nord.
CITÉ À L'ORDRE DE L'ARMÉE :
 


LIEUTENANT CARRON DE LA CARRIÈRE,
DU 6 eme R.T.A. (1°CIE°)
 

" Magnifique Chef de section, modèle d'allant et d'abnégation. Durant l'attaque du 17 avril 1943, dans la vallée de l' OUED KEBIR, a réussi à couronner le premier avec sa section le mamelon de " L'As de Trèfle"
A capturé de nombreux prisonniers. Grièvement blessé par balle au moment où il organisait la position conquise, n'a consenti à se laisser évacuer qu'aprés tous les blessés de son Unité"
 
Signé JUIN
Copie certifiée conforme
le Colonel CALDAIROU
le chef de Bataillon DESFONTAINES
Chapitre 1 ( 2° partie )
Tunisie - Alger - Tlemcen
Paul CARRON de la CARRIERE
Le Chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros-Guirec
Une équipe JEDBURHS dans la bataille de France  -  Bretagne 1944
Dédicace 
Introduction 
Algèrie 1944 video
Tlemcen
Tunisie - Alger
 Recructement
Recructement (suite)
Alger - Glasgow
Les Jedburghs
Les Jedburghs (suite)
Milton Hall
Milton Hall (suite)
 Les commandos
Codage message
L'entraînement
Attente du départ
Attente du départ (suite)
Attente du départ (suite 2)
Le 6 juin 1944
Le 6 juin 1944 (suite 1)
Le 6 juin 1944 (suite 2)
Le 6 juin 1944 (suite 3)
Derniers jours à Londres
Derniers jours à Londres 
Parachutage
 Premiers jours en Bretagne
Premiers jours en Bretagne
Vers Quimper
Caché à Quimper
Le maquis de Rosporden
La lande de Quillien
Le  maquis de Concarneau
Les Maquis et la politique
Les Hommes du Maquis
Le 4 août 1944
La libération de Rosporden
La libération de Rosporden (suite)
Le 6 août 1944 à Quimper
Le 6 août 1944 à Quimper
Le 6 août 1944 à Quimper
La libération de Concarneau
Rennes
Rennes (suite)
Rennes (suite 2)
Rennes (suite 3)
Paris (suite 4)
Paris (suite 5)
Paris (suite 6)
Paris (suite 7)
Paris (suite 8)
 L'accident puis Alger
L'accident puis Alger (suite 1)
L'accident puis Alger (suite 2)
Conclusion
Guy Leborgne
Louis Le Cleac'h "Mercier"
Plaque commémorative
Le Châpeau à Perros-guirec ?
Plaque à Perros-Guirec
Le fanion à Saint Cyr
64 ans après la libèration
Plaquette Quimper
             DOSSIER JEDS
1 partie
2 partie
3 partie
4 partie
5 partie
6 partie
 
Le Châpeau de Napoléon
est-il toujours
à Perros-Guirec
Édition janvier 2012   JCC