Albert de Schonen lui-même a participé à deux missions : la première, dénommée équipe Daniel, en Bretagne où il fut parachuté fin juillet 1944, avec le Capt. Kem Bennett et le Sgt Ronn Brierley, tous deux anglais. Ils organisèrent plusieurs parachutages d'armes et des attaques de convois allemands avec les maquis, puis il fut rappelé à Londres pour une opération dans la région de Chartres, annulée peu après. Avec les mêmes coéquipiers, sous le nom d'équipe Grégory, il fut parachuté dans la Trouée de Belfort à Pont-de-Roide en septembre. Là, ils furent pris dans une embuscade. Malgré ses très graves blessures, le capitaine de Schonen se porta au secours de ses camarades et réussit à conduire de nuit son coéquipier, blessé lui aussi, jusqu'à un hôpital de campagne américain. Il fut opéré sur place, puis évacué à Naples. Pour retrouver au plus vite les forces combattantes, il faussa compagnie aux Américains qui voulaient l'envoyer à Alger et rentra à Londres dans un convoi britannique. Envoyé à Paris, il créa avec ses camarades Jedburgh deux écoles de cadres pour sous-officiers à l'intention des FFI désireux de rester dans l'armée.
Le 1er août 1945, il commença au Ministère des Affaires étrangères une carrière de diplomate qui l'amena notamment de Dublin à Londres, à l'FAO et à Rome et, comme ambassadeur de France, en Centrafrique de mai 1969 à février 1971. Il est nommé ensuite à Lusaka (Zambie) avant de terminer sa carrière diplomatique comme ambassadeur en Nouvelle-Zélande et dans le Pacifique en 1976. Il avait également été élu conseiller général de son département d'Eure-et-Loir.
Parallèlement à ces responsabilités, Albert de Schonen créa l'Association des Anciens Jedburgh pour venir en aide aux familles des Jed tués au combat. Cette association a maintenu vivantes la solidarité et l'estime mutuelle des Jed, nées dans les risques d'autrefois.
La brillante conduite d'Albert de Schonen pendant la guerre lui a valu d'être décoré de la Croix de guerre avec palmes, de la Military Cross et de la Légion d'honneur où il parvint ensuite au grade de Commandeur. Il était également Commandeur du Mérite National et Commandeur du Mérite agricole.
Chapitre IV
L'Angleterre : l’entraînement des " jedburghs "
1er partie : Les Jedburghs
 
Avant de quitter ce bord, cependant, nous avons du subir, chacun en particulier, dans une cabine, un long et minutieux interrogatoire d'officiers de l'Intelligence Service : nous devions exposer, par coeur, un certain nombre de caractéristiques personnelles telles que les noms de jeunes filles de mère, épouse, grand-mères, notre rang d'entrée à Saint Cyr, la date de nomination au dernier grade. Ils avaient d'ailleurs, par devers eux, un certain nombre de documents, tels que l'Annuaire des Officiers, leur permettant des recoupements immédiats.
J'admirais l'organisation et l'efficacité basées sur une très grande volonté de succès, sur le sérieux de l'enquête et au fond sur la simplicité des moyens employés.
Ces interrogatoires terminés, accoudés au bastingage, nous avons vu s'éloigner sur le quai, encadrés par des policiers mais qui portaient leurs valises, ceux de nos camarades qui étaient passés par l'Espagne pour rejoindre l'Afrique du Nord. Systématiquement contrôlés sévèrement, ils étaient dirigés vers les services spéciaux de "Patriotic School".
 
Quant à nous c'est le train qui nous a vite amenés de Glasgow à Londres où généreusement nous fûmes, nantis d'une somme de 40 livres, envoyés en permission pour nous permettre de refaire une garde-robe décente (je me souviens des chemises kaki à haut col de chez Austin Reed of Regent Street et des magnifiques burberrys si confortables à doublure de poil de chameau).
Nous avions décidé aussi de nous offrir un excellent dîner chez Prunier où le vin français n'était pas donné, et aussi de nous faire, mutuellement, des petits cadeaux agréables, briquets, sticks anglais (je l'ai toujours,je l'ai récupéré après la Libération). Nous nous donnions une touche civilisée et britannique, ce qui est presque un pléonasme, mais en gardant jalousement nos képis bleus, si français et si "Armée d'Afrique" qui nous valurent souvent dans la rue l'apostrophe de quelques Anglais, surtout de vieilles dames "Vive la France", avec l'accent !
 
Je ne me vois plus très bien quittant Londres mais, par contre, revois parfaitement notre arrivée dans une grande propriété d'Henley on Thames où nous fûmes accueillis par un beau cavalier, très fin et racé, de SCHONEN, que j'ai retrouvé en 1965 ou 1966 ambassadeur de France à Lusaka en Zambie.
 
Il nous a expliqué alors l'organisation du plan "JEDBURGH" . (A la plupart de leurs plans d'organisation, les Alliés donnaient des noms de code.), JEDBURGH nom d'une ville d'Ecosse, était le nom de code couvrant notre recrutement, notre entraînement et nos missions.
 


Nous devenions des "JEDS" et formerions chacun une équipe de 3 hommes, toujours un officier Français et toujours un officier allié soit Anglais soit Américain, le 3° homme étant un sous-officier radio, de l'une des trois nationalités.
L'atmosphère était sympathique : dès notre arrivée des "WRENS" ou "WAAC" (Auxiliaires Féminines) d'une école féminine de transmissions située dans le même magnifique parc s'étaient précipitées pour inviter les français à un bal et je vous assure que si quelques uns se sont fait des "relations" d'autres n'ont vu là heureusement qu'une bonne détente après la traversée.
Nous avons complété les formulaires administratifs, signé un engagement pour la durée de la guerre dans les Forces Françaises Libres, fait notre testament (21 AVRIL 1944) 3 et changé de nom à nouveau.
Paul CARRON de la CARRIERE
Le Chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros-Guirec
Une équipe JEDBURHS dans la bataille de France  -  Bretagne 1944
Dédicace 
Introduction 
Algèrie 1944 video
Tlemcen
Tunisie - Alger
 Recructement
Recructement (suite)
Alger - Glasgow
Les Jedburghs
Les Jedburghs (suite)
Milton Hall
Milton Hall (suite)
 Les commandos
Codage message
L'entraînement
Attente du départ
Attente du départ (suite)
Attente du départ (suite 2)
Le 6 juin 1944
Le 6 juin 1944 (suite 1)
Le 6 juin 1944 (suite 2)
Le 6 juin 1944 (suite 3)
Derniers jours à Londres
Derniers jours à Londres 
Parachutage
 Premiers jours en Bretagne
Premiers jours en Bretagne
Vers Quimper
Caché à Quimper
Le maquis de Rosporden
La lande de Quillien
Le  maquis de Concarneau
Les Maquis et la politique
Les Hommes du Maquis
Le 4 août 1944
La libération de Rosporden
La libération de Rosporden (suite)
Le 6 août 1944 à Quimper
Le 6 août 1944 à Quimper
Le 6 août 1944 à Quimper
La libération de Concarneau
Rennes
Rennes (suite)
Rennes (suite 2)
Rennes (suite 3)
Paris (suite 4)
Paris (suite 5)
Paris (suite 6)
Paris (suite 7)
Paris (suite 8)
 L'accident puis Alger
L'accident puis Alger (suite 1)
L'accident puis Alger (suite 2)
Conclusion
Guy Leborgne
Louis Le Cleac'h "Mercier"
Plaque commémorative
Le Châpeau à Perros-guirec ?
Plaque à Perros-Guirec
Le fanion à Saint Cyr
64 ans après la libèration
Plaquette Quimper
             DOSSIER JEDS
1 partie
2 partie
3 partie
4 partie
5 partie
6 partie
 
Le Châpeau de Napoléon
est-il toujours
à Perros-Guirec
Édition janvier 2012   JCC