1944
INTRODUCTION
M'apportant, la semaine dernière, un livre relatant les opérations des parachutistes en Bretagne pour les combats de la Libération, ce soulèvement de toute la province, déclenché par le message de la radio anglaise:
" Le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros Guirec ? "
Maman me faisait remarquer, avec une pointe de dépit maternel, que je ne figurais pas dans ces récits. Elle aurait bien voulu écrire, ou plutôt me faire écrire, à l'auteur Monsieur Bonnecarrère. Elle a été certainement déçue de mon refus.
Mais, réflexion faite, l'idée m'est venue de fixer sur le papier quelques uns des souvenirs de cette époque qui déjà s'estompent pour moi et que mes enfants ignorent. Il ne s'agit nullement, bien sûr, de glorification déplacée ou d'exemple à donner, mais, de même que je retrouve avec grand intérêt le récit (et combien trop court) des actions de mon tris-aieul Ange, avec Cadoudal, je souhaite qu'un jour, un petit-fils de Denis ou de Quitterie, relise avec quelqu'émotion, ce qu'a pu écrire son "ancêtre", Paul, en 1974, sur ses souvenirs de 1944. Il y trouvera, j'espère, l'enthousiasme de la jeunesse et aussi les difficultés et les angoisses de Maÿlis, en Algérie, à 20 ans, seule, loin de sa famille, avec son bébé (Jacques), attendant François pendant toute cette période où se jouait son avenir personnel et celui de son pays.